Tombes avec vue sur mer

Les cimetières, c’est pas trop mon truc. A part le cimetière du Père-Lachaise parce qu’il est immense et qu’on peut y passer une journée à se promener, profiter du calme et aller saluer Colette, Musset, Chopin, Simone Signoret, Jim Morrison, etc.
Le cimetière marin de Saint-Paul est ce que le Père-Lachaise est à Paris ; c’est un lieu mythique, où quelques célébrités sont enterrées mais c’est aussi un endroit très reposant et particulièrement serein avec une imprenable vue sur mer. Le site n’est pas sinistre, bien au contraire, il est agréable et vous trouvez même de jolis petits bancs de bois blancs pour vous poser un peu. Donc, même si vous n’y connaissez personne, vous pouvez vous y balader un peu et poser une fleur sur la tombe de Leconte de Lisle (célèbre poète né à Saint-Paul et chef de file du Parnasse*) ou de la Buse (pirate éminemment connu et qui aurait caché un énorme trésor sur l’île de la Réunion).
Ci-dessous quelques photos prises la semaine dernière ; avouez qu’il y a pire comme dernière demeure…

* Le Parnasse est un mouvement poétique de la deuxième moitié du XIXème siècle. Il rassemblait des poètes pour qu’il l’art ne devait être que beau et certainement pas utile. leur devise était : « L’art pour l’art. »

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Hoooo iyo-iyo iyo-iyoooo…

A Saint-Pierre, certains habitent le boulevard Hubert Delisle, d’autres la rue Victor Hugo, d’autres encore la
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Hier, à la vue de cette plaque, j’ai eu envie de crier ça (un conseil, baissez le son !) :

Mais je sais me tenir tout de même, j’ai seulement crié intérieurement. Il y a des noms comme ça, qui évoquent des répliques, des mots, des phrases, des chansons…

Il n’empêche que, habiter la ruelle Tarzan, c’est rigolo mais imaginez-vous indiquer sur une lettre officielle ou un CV votre adresse quand vous logez au 3, ruelle Tarzan ? On entend d’ici le recruteur s’adressant à un collègue :
 » – Hé Roger, y a Georges de la jungle qui a répondu à l’offre de recrutement pour le poste de chef des ventes.
– Ha ben c’est Jane du service compta qui va être contente ! »

Par ailleurs, si vous êtes une femme, il conviendra de ne jamais revêtir de robes à imprimé léopard si vous habitez cette ruelle… vous comprenez pourquoi.

Kom… une envie de danser

Hier soir, la compagnie Artefakt se produisait au Séchoir. Belle soirée, beau spectacle, tellement bien qu’aujourd’hui je vous en touche deux mots.

Ça commence comme ça : cour du Séchoir – écran géant – 30 minutes de Double Je, projection de cartes postales chorégraphiques. Les cartes postales chorégraphiques, ce sont des films très courts qui exposent des duos dansés. Enfants, adultes, danseurs expérimentés ou pas, au collège, au Piton de la Fournaise, dans la forêt de Bélouve… ils se rencontrent, ils se présentent, ils dansent et ils parlent de leur danse. Et c’est tellement simple, c’est tellement pas compliqué cette façon qu’ils ont de parler de la danse que c’en est émouvant, ça donne des frissons qui vous rappellent pourquoi vous aussi vous aimer tant danser.

Yardavan et Gwendal, mes préférés, des p’tits gars tout sympa et heureux, fiers de présenter leur duo :

Giovanni Paroumanou et David Fonteneau, la puissance, la force d’un duo au cœur de la nature :

Si vous voulez voir toutes les cartes postales chorégraphiques, suivez ce lien.

KOMÇa continue comme ça : On rentre dans la salle de spectacle pour assister à Kom, un duo, un de ces duos qui ne laisse pas de marbre. Un duo qui frôle le duel entre la fiction et la réalité, entre le moi et le surmoi, entre l’homme et la femme. Un duo qui allie danse hip-hop et contemporaine d’une manière si naturelle qu’on en oublie qu’il existe des « genres » de danse. On regarde donc ces ballons rouges, ce tapis blanc, l’autre noir, ce fauteuil de bureau, ces lunettes de soleil étranges, ces danseurs, leurs baskets, leurs costumes ; on n’est pas toujours à l’aise parce que transportés aux confins du moi aliéné. On n’est pas toujours à l’aise mais on rit aussi, surpris par des moments qu’on n’attendait pas au milieu de cette aliénation. Transportés dans cette folie passagère, dans cette mise en scène bien ficelée, dans cette danse des corps qui s’enchaînent, s’éloignent et se retrouvent, on passe un beau moment, on n’est plus à Piton Saint-Leu, on est dans l’être humain.

Et puis ça finit comme ça : on applaudit, encore et encore, on sourit, on dit BRAVO !, on sort, on regagne sa voiture, on repense à ce qu’on vient de voir. Pendant tout le chemin du retour on se dit que mince alors nous aussi on a Kom une envie de danser.

Luc Donat, roi du séga

Vous connaissez tous le « king of pop » ; à partir d’aujourd’hui vous connaîtrez également le « king of séga », Luc Donat, musicien, violoniste réputé à la Réunion.
Son père possédait un magasin de musique à Saint-Denis, il a donc baigné dans l’univers musical durant son enfance. Commençant à apprendre la musique aux côtés de sa grand-mère dès l’âge de 7 ans, il va se perfectionner et apprendre le violon dans les années 30 et devenir très vite un virtuose qui fera carrière non seulement à la Réunion mais aussi à Paris et Madagascar. Désireux de s’ouvrir à d’autres genres musicaux que celui auquel il se consacre depuis sa jeunesse, il va se familiariser avec le jazz, la musique traditionnelle et la variété lors de son séjour prolongé à Tananarive. Il composera de nombreux succès comme Blanche et noire, ti train lontan, Manapany, etc.

Chanson un peu moins connue, Séga Jacquot, parle de Monsieur Jacquot, créole qui raconte des histoires et ne change pas malgré le temps qui passe. Je vous propose d’écouter ci-dessous une version de Séga Jacquot revisitée par Rosemary Standley, chanteuse du groupe Moriarty… Superbe ! Le morceau proposé par Rosemary Standley est plus actuel mais ne renie pas le séga de Luc Donat, empreint de rythmes chaloupés. Le violon s’entend par moments mais surtout la quasi omniprésence du kayamb rappelle les origines de ce genre musical si cher aux Réunionnais. Un doux moment qu’on a envie de réécouter, alors ne vous en privez pas et n’hésitez pas à partager !

Petite virée à Grand Bassin

Un dimanche matin, tôt, on s’est dit avec mon mari « Et si on allait se promener ? ». Oh ben oui, la bonne idée, se promener ! Alors alors alors, où est-ce qu’on va bien pouvoir aller ? Allez, comme ça, au hasard : Grand Bassin !

Chaussures de marche, sacs à dos, bouteille d’eau, crème solaire, un peu de sucre aussi. Et nous voilà parés pour une belle balade dans les hauts.
Afin que vous vous rendiez bien compte de la beauté de cette randonnée je vous ai préparé un diaporama que, j’espère, vous apprécierez.

La poésie du jeudi – bis

Vous souvenez-vous que je vous ai parlé il y a quelques temps du séjour de Baudelaire sur l’île Bourbon en 1841 ? Je vous avais même lu son célèbre sonnet « A une dame créole » écrit pour une dame chez qui il avait séjourné (cf l’article publié le 20 février dans la catégorie lecture) ; ça vous revient ?
Oui, ça vous revient… Alors on continue avec notre Charles (parce que Baudelaire, c’est un peu notre Charles à tous 🙂 ), fasciné par la beauté féminine idéale et l’exotisme de l’île Bourbon.
Aujourd’hui je vous propose un autre de ses poèmes : « A une Malabaraise » in Les Fleurs du Mal (la Malabaraise ou Malbaraise est une indienne de la Réunion). Je ne m’étalerai pas, je vous laisse apprécier ce texte mis en musique par Léo Ferré en 1967

Si vous voulez tester votre compréhension orale d’un poème, suivez ce lien. Si vous désirez juste écouter et lire le texte simultanément, cliquez ici pour avoir l’intégralité du poème sous les yeux.

Prix Célimène 2014

Le prix Célimène est une récompense décernée aux femmes artistes amateurs de la Réunion.

Ce prix doit son nom à Célimène Gaudieux, qui, au XIXème siècle, distrayait les clients de passage dans son auberge entre Saint-Paul et Saint-Leu avec des chansons qu’elle composait elle-même. Aujourd’hui encore Célimène Gaudieux est la muse de la poésie réunionnaise.
Chaque année le prix Célimène encourage l’expression féminine tout en valorisant l’art. C’est l’occasion pour plus d’une centaine de femmes d’exposer leurs œuvres (cette année 160 œuvres sont exposées du 10 au 28 mars à l’espace Reydellet de Saint-Denis). C’est aussi un bon moyen pour elles de se confronter à d’autres artistes amateurs et de bénéficier du regard critique de professionnels.
Mais participer au prix Célimène, ce n’est pas juste présenter une oeuvre. Remettre un trophée et quelques milliers d’euros aux gagnantes le jour de la journée internationale de la femme, ce n’est pas juste promouvoir l’art. Le prix Célimène est l’occasion de rappeler que des femmes, ici et ailleurs, subissent encore des violences et des discriminations. Le prix Célimène est la manifestation du soutien qu’apporte la culture aux droits des femmes et à leur expression (révoltée, engagée, optimiste, féministe, religieuse, etc.).

Ce 8 mars 2014, le premier prix a été attribué à Miguy Hoareau pour son huile sur planche de récupération intitulée Femme fatale. (Je remercie le Journal de l’île de la Réunion pour son autorisation exceptionnelle de diffusion de la photo de l’artiste à côté de son  œuvre dans l‘article du 10 mars 2014.)

Miguy Hoareau - Prix Célimène 2014

En cliquant ici vous trouverez en bas de l’article une intervention orale de Miguy Hoareau présentant rapidement sa peinture. Enfin, sur cette page, sont présentées quelques photos de la manifestation du Prix Célimène 2014 ainsi que les œuvres des autres lauréates.